La réponse de FrèreNico

Cet article a été écrit et posté sur le forum par FrèreNico, homme lettré, recteur de l'université des Royaumes et membre éminent du Clergé.
Pendant mes retraites spirituelles, propices à d'intenses méditations, une question m'est venue : en dehors du côté récréatif, qu'apporte ou que peut apporter les Royaumes Renaissants aux joueurs ?

Car ce jeu n'est pas un jeu comme les autres, beaucoup y passent un temps considérable, et donc, après des mois d'activités au sein de la communauté des Royaumes Renaissants et de rapports avec les joueurs, un petit bilan se devait d'être effectué pour comprendre certaines situations et certains comportements.

Je pris donc ma plume pour vous exprimer mes pensées.

L'aspect historique

Elément essentiel du jeu qui détermine bien des comportements. La vision même du jeu en découle. La cadre est donné par les concepteurs ; nous vivons en 1453, et une bonne partie de la programmation est centrée autour de cette information (paysans, artisans, nobles, chevaliers, université...), et même si, bien sûr, il y a quelques entraves (pour un jeu multijoueur de cette ampleur, des adaptations ont nécessairement été faites, car tous les joueurs doivent avoir leurs chances et doivent prendre plaisir au jeu), ce jeu reste pseudo-historique.

Quels sont les intérêts d'un jeu historique ?

  • Il amène un univers et une ambiance plutôt originaux (par rapport au fantastique, à la science fiction ou même au monde contemporain, mais qui aimerait un simulateur de notre vie quotidienne ?)
  • Le jeu historique possède l'avantage d'avoir un arrière-fond extrêmement dense et varié, de plus, les développeurs ont eu la grande idée de placer le jeu durant une période charnière de l'histoire de l'Europe ; entre le Moyen-Age et l’Epoque Moderne, au moment de la Renaissance. La liberté de jouer, d’imaginer, de broder n'en ressort que plus grande.
  • Nous jouons à un jeu, et (à mon humble avis) nous n'avons aucun intérêt à rejouer notre propre vie. Le côté historique permet de choisir son personnage parmi des choix innombrables, car reflétant la réalité, contrairement à d'autres environnements. Le "RP" n'en sort que plus épanoui.
  • Quant à ceux qui ne s’intéressent pas au Jeu de Rôle, le cadre historique embellit le tableau et d’offrir un background enrichissant à ce jeu qui peut être vu uniquement sous l’aspect gestion et stratégie.

La culture générale

Cet aspect n'est certes pas négligeable, mais il est à prendre avec précaution, comme nous le verrons par la suite. Le jeu en lui même, les supports de communication (forums, discussions instantanées) et le grand nombre de participants ont permis la présence d'éléments éducatifs dans le jeu.

L'Université par exemple, accumule ainsi une base de données importante, et dans tous les domaines (géographie, sciences politiques, histoire, us et coutumes, héraldique, ...), sauf, bien évidemment, sur ce qui est postérieur à l’époque du jeu. Partant du principe que le savoir est essentiel pour l'homme, et que le divertissement l'est aussi, ce jeu permet un bon compromis entre les deux.

Plus que des connaissances précises, le joueur trouvera l'envie, l'étincelle qui engendrera des recherches plus profondes par la suite. Et qui sait ? Peut être que des passions se formeront après avoir joué à ce jeu ou après avoir eu de palpitantes discussions avec d'autres joueurs.

Ainsi, le mélange du jeu de genre historique et du support utilisé (Internet, forum, discussions instantanées) permettant un stockage et une rapidité d'informations déconcertantes, provoquent une formidable alchimie qu'aucun autre jeu ne produit ou n'a produite.

Le multijoueur

Autre élément unique dans ce jeu : les relations entre les joueurs. Le jeu fonctionne grâce aux liens qui unissent les joueurs (corporations, ordres, guildes, mairie, duché, partis politiques, églises, et bien d'autres), de véritables cercles de sociabilité se sont créé formant ainsi une société virtuelle a part entière.

La grande originalité de ce jeu est en effet la présence exclusive de joueurs sans la moindre trace d'une quelconque intelligence artificielle. Un codage efficace, un moteur de jeu très pertinent aux équilibres complexes mais raffinés, et des supports de communication bien exploités ont permis de créer l'une des toutes premières sociétés entièrement virtuelles, extrêmement complète, ludique et retraçant une période historique, comme nous l'avons vu.

Il y a deux caractéristiques majeures à retenir de cette société. La première est que chacun a une place au sein de cette société et a son utilité. La deuxième est que tout le monde a les mêmes chances pour se hisser au sommet de cette société.

Cette société peut donc être qualifiée de parfaite pour l'égalité des chances de chacun. Ce qui départage les joueurs est uniquement la présence régulière de celui-ci au sein de la communauté, mais aussi sa capacité à rassembler les foules (aspect sociologique que nous traiterons plus tard) et à s'immiscer dans les cercles de sociabilité.

Le jeu compte extrêmement sur les supports de communication d'Internet :

  • En premier lieu le forum, lieu grouillant de vie, c'est le coeur des Royaumes Renaissants. Et cela sans compter les nombreux forums alternatifs, où chacun peut développer son personnage, sa guilde et sa communauté.
  • Autre support non moins utilisé : la discussions instantanée. Elle est bien sûr très bien exploitée par le jeu (qui n’est pas allé boire quelques bières à la taverne de son village, avec ses voisins ?) et sert grandement au joueur et au jeu.
  • Et enfin le moyen le plus rudimentaire de communiquer (si j'ose dire) : la relation épistolaire. Le jeu l'intègre ainsi que les forums.
L'individu se construit à l'aide de ces supports dans ses relations avec les autres. Les joueurs marginaux vivant en dehors de la société peuvent exister, mais alors de leur plein gré, en toute connaissance de cause, tant les incitations à participer au jeu de société sont nombreuses.

Ce jeu est donc le résultat d'une somme d'individus qui font le jeu (dans le cadre donné par les concepteurs) et fonctionne comme un réseau géant. L'influence même de ces groupes et de certains réseaux, par leur nombre et leurs convictions, peut directement infléchir le jeu lui-même, en mettant en lumière certains points auxquels les concepteurs n’avaient pas pensé et en les poussant dans un sens voulu.

Les joueurs font le jeu, à la différence de tous autres MMOGs.

L'aspect sociologique

Comme dans toute société, la recherche du pouvoir et de la reconnaissance est au centre de celle des Royaumes Renaissants. Cette recherche est certes maquillée, camouflée, dissimulée, masquée, mais elle bien là et elle gouverne la plupart des joueurs.

Les hauts faits d'armes, la gloire et la réputation sont les leitmotive des plus grands (et des débutants), même si beaucoup le nient.

Toutefois, il ne faut pas voir le pouvoir comme nous pourrions le comprendre dans notre société actuelle, associé à une vision autoritaire, intolérante et servile pour la population. Non il n'y a rien de négatif : toute action et tout événement sont bénéfiques pour le jeu et pour son scénario. L'ambition du pouvoir est donc quelque chose de sain dans ce jeu.

Les manières d'acquérir de la reconnaissance et du pouvoir sont multiples.

  • Il y a les méthodes traditionnelles, briguer un mandat à la mairie puis un poste au conseil du comté. La meilleure situation est celle de Duc qui vous permet de posséder un très grand pouvoir, permettant ainsi d’inscrire votre nom dans les annales des Royaumes. Le titre de Duc est la voie royale vers le renom.
  • Des rôles RP très précis existent comme tribun de la plèbe, lieutenant ou Pair du Royaume. Ces fonctions sont pratiquement institutionnalisées dans la société des Royaumes Renaissants. Certains rôles peuvent être importants pour "le cursus honorum" du joueur.
  • Les ordres parallèles sont aussi légions. Ces guildes sont très diverses et foisonnantes : les corporations professionnelles, les ordres religieux, les partis politiques, les ordres militaires, et pleins d'autres. Avec les villages, ces cercles sont les cellules de base de la sociabilité d'un joueur. Certaines guildes sont plus ou moins influentes et peuvent permettre une renommée importante (je pense notamment à l'Eglise ou à la LYS par exemple).
Les responsabilités dans cette société sont très nombreuses et permettent à de nombreux joueurs de satisfaire leurs ambitions. Il est aussi intéressant de repérer les différentes façons de se faire entendre par les joueurs, l'éloquence et le bagout étant des qualités primordiales pour la carrière d'un joueur.

Tout ce que l'on peut faire dans ce jeu, la réalité nous en empêche, alors nous en profitons pour satisfaire de multiples fantaisies et de multiples fantasmes (incarner le roi ou le pape) avec son personnage. D’autant plus qu’il n'y a pas de camp du « mal » ou du « bien » clairement défini, les actions des joueurs sont jugées par les autres joueurs, une morale et une justice prennent ainsi forme.

Enfin il est assez drôle de voir les similitudes entre les comportements des joueurs et ceux des hommes de notre société. Bien que les choses soient différentes et ne peuvent être, je crois, comparées que jusqu’à un certain point. Les responsabilités et les conséquences sont tout autres.

Une intrigue unique !

Tous les éléments précédemment cités définissent le point ultime de ce jeu, élément unique et révolutionnaire en tous points. Le mélange Interconnectivité, Histoire et Société provoque des scénarios improbables, complexes et sidérants.

Sidérants pour un jeu vidéo, où normalement le scénario est ficelé à l'avance sans aucune surprise avec un « mal » bien identifié. Ici rien de tout cela. Les divergences sont aussi nombreuses que le nombre d'individu peuplant la communauté, chacun défendant ses intérêts, sa vision du jeu et son petit pouvoir. Le scénario évolue sans cesse, prenant des chemins insoupçonnés, recoupant d'autres éléments, devenant de plus en plus flou et incertain. Qui est l'ennemi ? Les autres, ceux qui sont loin et différents.

Sidérants par l'infinité des possibilités, les combinaisons sont multiples et inépuisables. Les joueurs, s'aidant de l'Histoire, déroulent la vie des Royaumes.

Sidérants par le réalisme, car les événements de notre monde ne se résument pas à une lutte entre le « bien » et le « mal », mais à des causes beaucoup plus profondes et complexes. Ce sentiment ressort clairement en jouant à ce jeu, provoquant un plaisir toujours neuf et plein d'entrain.

Bref, rendez-vous compte que vous vivez dans un monde unique plein de rebondissements, de secrets et de complots....

Conclusion :

Il reste de nombreux points à aborder et à compléter, chose que je ferai certainement par la suite, car les Royaume Renaissants est un jeu foisonnant et sans cesse innovant, nous y verrons donc des évolutions et des nouveautés.

Enfin j'espère vous avoir fait comprendre la position de certains joueurs et leur comportement.

Bien à vous,

FrèreNico

Réactions


Personne n'a encore réagi. Soyez le premier.

Que pensez-vous de Les Royaumes Renaissants ?

165 aiment, 92 pas.
Note moyenne : (269 évaluations | 30 critiques)
6,1 / 10 - Assez bien

155 joliens y jouent, 310 y ont joué.